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16.09.2026
Avez-vous toujours eu en tête de devenir entrepreneur ?
En démarrant mes études, je me voyais enseigner les mathématiques en classes prépa, mais il fallait faire Normale Sup et je n’avais pas vraiment le niveau. Alors je suis devenu ingénieur, avec un profil généraliste. Puis, j’ai cherché du travail et, à l’époque, les grandes entreprises recrutaient beaucoup d’ingénieurs comme moi et les formaient à l’informatique sur le tas. Pendant toutes ces années,
je n’ai absolument pas envisagé d’être entrepreneur ! En revanche, j’ai toujours eu le goût du risque. Quand j’ai compris que ce que j’avais « bricodé » sur Business Objects avait peut-être un avenir commercial, j’ai foncé sans me retourner.
Qu’est-ce qui vous rend fier dans le chemin parcouru ?
Sur la somme cumulée de mon parcours, j’ai connu plus de succès que d’échecs. Mais je ne peux vraiment pas dire que ça a été un long fleuve tranquille. Entre mon premier et mon deuxième client, j’ai connu une année de doute et de frustration, j’ai même dû reprendre des missions de consultant.
Puis, lorsque GB&Smith a vraiment décollé et que je nous voyais déjà au Nasdaq, nouvel écueil : en cherchant à nous diversifier, nous nous perdions. Un creux de la vague abyssal, qui a conduit au départ de mon associé. Avec le recul, ma plus grande fierté, c’est d’avoir créé une marque reconnue. Il y a un mois, lors d’un événement business consacré à Tableau, le représentant d’un très grand laboratoire a dit qu’il nous considérait comme un partenaire stratégique et pas comme un simple fournisseur. C’est la plus belle des reconnaissances.
Quel est votre rapport au travail ?
Pour un regard extérieur, il est clair que je travaille beaucoup, beaucoup trop. C’est 365 jours par an et je ne compte pas les heures. J’ai le travail dans le sang, c’est ma caféine quotidienne. Ça ne me laisse pas beaucoup de place pour les hobbies. Toutefois, je trouve le temps pour la vie de famille, voir mes amis et prendre soin de notre maison. Je tiens à repeindre moi-même notre façade, ce qui doit paraître très étrange à mes voisins américains qui ont toujours baigné dans la culture du « faire faire » !
Vous êtes installé depuis longtemps aux États-Unis, quel est votre rapport avec ce pays ?
J’habite à Boston depuis 11 ans et je suis parti presque sur un coup de tête, après avoir lu un article d’un des dirigeants de Criteo qui expliquait que, pour réussir aux États-Unis, il faut que le CEO soit sur place. Je sais maintenant qu’il avait raison ! À l’usage, je constate que la culture business n’est pas la même ici qu’en France. Les décisions se font plus vite, qu’il s’agisse d’investir ou de désinvestir. Ce départ était aussi un pari familial. À l’époque, ma femme et moi avions déjà deux enfants et nous nous sommes dit que ce serait un atout pour eux. Nous pensions alors – et nous pensons toujours – que lorsqu’ils auront l’âge d’entrer dans le monde du travail, ils seront mieux armés pour une économie globalisée que s’ils avaient grandi en France. Ils sont aujourd’hui parfaitement à l’aise dans les deux cultures, d’autant plus que nous passons les mois d’été et Noël en France, et c’est ainsi que je garde un contact physique avec nos équipes à Lille. Cet équilibre avec un pied de chaque côté de l’Atlantique m’offre le meilleur des deux mondes.
Le travail c'est ma caféine quotidienne !
Sébastien Goiffon
Président de Wiiisdom